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Serions-nous aveugles, nous aussi ?

Edito du dimanche 19 mars.

par le père Gilles de Raucourt

pour les Clés, feuille d'information paroissiale


Serions-nous aveugles, nous aussi ?


Les aveugles de naissance viennent vers Jésus pour être délivrés de leur cécité. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent car ils n’ont jamais vu, mais ils savent que cela les handicape car ils ne peuvent pas faire comme les autres. Jésus en guérit beaucoup pour manifester l’avènement du Royaume de Dieu et la création renouvelée. Ces guérisons ont aussi une autre signification. Jésus manifeste que nous sommes tous aveugles spirituellement et qu’il est celui qui vient nous délivrer de cette cécité. Cette œuvre est beaucoup plus difficile car pour qu’il nous guérisse, il faudrait que nous sachions que nous sommes aveugles. Comme le dit C. S. Lewis : il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, surtout quand ce qui est à voir ne peut être vu qu'avec les yeux du cœur. Les pharisiens de l’évangile du jour illustrent parfaitement cet aveuglement. Quelques-uns cependant, après avoir nié la guérison de l’aveugle de naissance, finissent par se poser la bonne question : Serions-nous aveugles, nous aussi ?

La crise qui traverse notre Église a, me semble-t-il, ce mérite de dévoiler certains de nos aveuglements. Après une certaine idéalisation des membres du clergé, des mouvements de renouveau nés dans les années 70 et de leur fondateur, nous ouvrons les yeux sur la réalité et celle-ci nous renvoie une image qui nous fait honte. Certes, nous savions que l’Église est sainte mais composée de pécheurs, mais la mise au jour de certains péchés structurels sème le doute dans le peuple chrétien sur la sainteté même de l’Église. Le point que je voudrais modestement souligner tient au fait que ce qu’il y a de plus saint peut-être instrumentalisé. C’est précisément parce que les abuseurs ont prétendu agir au nom de Dieu, sous couvert d’une doctrine mystique réservée à quelques privilégiés, qu’ils ont pu multiplier les abus spirituels, les abus de conscience, les abus sexuels et que sais-je encore.

Ceci ne remet pas en question la sainteté de l’Église, ni la confiance dans les promesses de Dieu pour son Église. En revanche, cela nous invite à ne pas taire nos interrogations lorsqu’il nous semble percevoir une pratique contraire à l'évangile et au bon sens. Ne soyons pas naïfs, jusqu’au retour du Christ, le loup cherchera à s’introduire dans la bergerie.

Père Gilles de Raucourt


Textes du dimanche



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