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Es-tu celui qui doit venir ?

Édito du dimanche 11 décembre 2022

par le père Josué Villalobos Villalobos


Es-tu celui qui doit venir

La liturgie de ce dimanche commence par cette invitation de saint Paul : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Ph 4,4). C’est pour cette raison que ce dimanche est traditionnellement appelé le dimanche de Gaudete, une invitation qui retentit pour nous au milieu de ce temps de veille et d’attente. Saint Paul exprime clairement la raison de notre joie « Je le redis soyez dans la joie. Le Seigneur est proche » (Ph 4,5). Mais face à cette invitation à la joie, la parole nous présente une situation difficile, celle de saint Jean-Baptiste qui s’interroge sur le Messie qu’il a lui-même annoncé.

La parole de ce dimanche nous invite à développer notre discernement, notre capacité de voir Dieu ici-bas, à développer notre capacité à reconnaître le Christ par les actes qu’il fait, à reconnaître le Christ par les signes qu’il donne. Mais cela passe souvent par des moments d’obscurité, de doute et d’interrogations. Nous comprenons que Saint Jean le baptiste soit déconcerté, dans la prison où il se trouve face à sa mort, il entend parler de ce Jésus qui ne correspond peut-être pas au Messi qu’il avait annoncé.

Il n’est pas toujours évident de reconnaître le Christ et nous pouvons penser que le Seigneur est absent, qu’il ne vient pas vraiment. Alors l’invitation de l’apôtre à nous réjouir semble vide, illusoire, détachée de la réalité. Le Seigneur est proche ? Le Seigneur est-il vraiment présent au milieu de l’obscurité de nos cellules, de nos cachots ? Le Seigneur est-il vraiment proche de notre société anxiogène qui nous déroute ?

Mais nous pouvons, également, nous poser la question : est-ce l’invitation à la joie qui est naïve et détachée de la réalité ? Ce ne sont pas plutôt nos représentations de ce que le Seigneur doit faire ? N’avons-nous pas souvent une vision enfantine de la joie ? La joie du Seigneur est donnée, comme il nous donne la paix : il ne la donne pas comme la donne le monde. (Jn 14,27). Non seulement elle n’a pas les mêmes raisons d’être, mais elle n’a pas les mêmes manières de se réaliser. Elle peut arriver par les chemins les plus inattendus. Qu’attendons-nous en réalité de la part du Seigneur ?

Je voudrais laisser toutes ces interrogations ouvertes car, de même que nos doutes, elles font partie du cheminement du chacun. Face à l’interrogation de Jean le baptiste, Jésus renvoie aux signes qu’il fait : ce sont des signes de l’accomplissement de la promesse. Nous avons besoin des signes qui nous aident à reconnaître l’action de Dieu, même l’ange Gabriel a donné un signe à Marie à travers la conception de Jean le baptiste. Profitons de ce temps de l’Avent pour demander au Seigneur qu’il nous aide à développer notre capacité à nous interroger et à interroger le Christ, mais surtout qu’il nous aide à développer notre capacité à voir les signes qu’il met devant nous pour reconnaître sa présence.

P. Josué Villalobos Villalobos


Lectures de ce dimanche

Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 35, 1-6a.10 )

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Psaume 145 : R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous !

Le Seigneur fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain, le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l’étranger, il soutient la veuve et l’orphelin. D’âge en âge, le Seigneur régnera !

Lecture de la lettre de saint Jacques (Jc 5, 7-10)

Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

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